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Les religions

Les religions : l'Hindouisme

Posté le 18.05.2007 par langedeleternel
Hindouisme : origine, croyances, livres sacrés

L'hindouisme est avec le bouddhisme la plus complexe des religions. En fait, il s'agit plus d'une famille de religions que d'une religion. Mais il y a quand même des points communs entre elles et c'est ce dont nous allons parler.

Concernant l'origine de l'hindouisme,

on ne sait pas grand chose. Les premiers écrits datent de 1 400 avant Jésus-Christ. Il semble qu'il n'y ait pas une personne en particulier qui soit à l'origine de cette famille de religion(s).

Concernant les croyances :

Dans l'hindouisme, on croit au Brahman, qui est un « principe divin » en 3 : Brahma le créateur, Vishnu le Protecteur, et Shiva le destructeur. Brahman est en quelque sorte la réalité suprême. Mais associées à lui, il y a des milliers de petites divinités qui sont elles aussi reconnues. Ce qui est particulier dans la notion de dieu de l'hindouisme, c'est que le Brahman est plus un concept philosophique qu'un principe actif. On médite dessus mais on ne l'adore pas. Le Brahman, c'est le grand tout dans lequel chacun finit par se fondre.

Il n'existe pas d'être « Dieu », en tant que personne ou volonté, mais le principe divin vit et se meut en tout. L'univers est divin. le Brahman se trouve dans un sourire, dans une fourmi, dans un ruisseau. Tout est une partie de lui. Vu que Brahman est quelque chose d'impersonnel, on ne peut pas le connaître, être en relation avec lui.

Dans la conception hindouiste, on pense qu'il y a plein de façons différentes de voir ne serait-ce qu'un simple objet. Aucune de ces façons de voir ne nous permettra de connaître la pleine réalité et chacune des perspectives est pleinement valide. Et ça nous amène à quelque chose qui est fondamental dans l'hindouisme : c'est le concept de Maya. Pour l'expliquer, prenons l'exemple d'un rêve : un rêve est réel dans le sens où nous l'avons fait ; mais il n'est pas réel dans le sens où il ne décrit pas forcément une réalité qui existe. De même pour l'hindou, le monde est Maya : le monde apparaît tel qu'on le voit mais on n'a aucun droit de dire que ça correspond à une réalité.

L'hindouisme fonctionne avec un système de castes : on pense que Brahma (le dieu créateur) a créé Manu, le premier homme ; de la tête de Manu sont venus les Brahmins (les meilleurs et les plus saints), des mains de Manu sont venus les Kshatriyas (ceux qui sont au gouvernement et à l'armée), de la cuisse sont venus les Vaisyas (ce sont les artisans). Les Sudras, eux, viennent des pieds de Manu (ce sont ceux qui servent les autres ; ils sont exclus d'une grande partie de la vie religieuse). Et puis il y a ceux qui sont hors caste : les parias (qui sont des réprouvés, exclus de la vie sociale et religieuse). Les Brahmins, eux, sont honorés de tous.

Ce système de castes est très ancré dans les mentalités et il maintient des inégalités très grandes entre les gens. Il prend appui sur une autre notion fondamentale de l'hindouisme qui est La loi du Karma.

Pour la comprendre, il faut savoir que dans l'hindouisme, on pense que l'homme passe par une série d'existences ; c'est la croyance en la réincarnation (le passage d'une vie à l'autre est appelé transmigration). La loi du Karma veut que l'existence présente d'un homme soit conditionnée par ses vies antérieures. Quand on agit de façon droite, on avance, on évolue vers la libération du cycle des naissances et des morts successives. On se réincarne dans un état supérieur - par ex. si on était dans la caste des Kshatriyas, on devient Brahmin ou même on peut devenir un dieu. Par contre, si l'on agit mal, on se réincarne dans quelque chose d'inférieur, homme ou animal, et l'on s'éloigne de la libération du cycle des vies successives.

On comprend aisément pourquoi la loi du Karma entretient le système de castes et les inégalités. En effet, si un homme est dans une condition misérable, c'est qu'il n'a pas été bon, dans ses vies antérieures et il paye les conséquences de ses fautes dans la vie présente ; à la limite, l'aider, c'est lui faire du tort, c'est l'empêcher d'expier sa faute et lui enlever la possibilité d'un meilleur Karma dans une vie ultérieure. Pour l'hindou, la pensée de la réincarnation est une terreur. Son but est d'accomplir assez de bons karmas pour sortir de ce cycle et atteindre la félicité éternelle.

Le moment où l'on est libéré de la roue du Karma, c'est-à-dire le moment où l'on ne se réincarne plus est appelé Moksha ou Mukti.


Mais comment accomplir de bons karmas pour enfin être libéré ? Et bien ça passe par 3 choses :

Le travail rituel : ce sont des cérémonies religieuses et rites ainsi que des actes vertueux propres à chaque caste.
La deuxième chose est la connaissance. De quelle connaissance s'agit-il ? Il s'agit de savoir que l'homme n'est pas une entité séparée et réelle, qu'il n'a pas de valeur propre mais qu'il fait partie du Brahman, du grand tout. Acquérir cette connaissance passe par la pratique du yoga (qui est une discipline permettant à l'individu de contrôler son corps et ses émotions - ça comprend la chasteté, la pureté des pensées, une discipline corporelle et une alimentation modérée, discipline de la respiration, de l'esprit, méditation et enfin contemplation). Dans le Yoga, la méditation permet l'extinction de la conscience du moi et alors le divin peut s'introduire dans le moi débarrassé des sens.
La troisième chose est la dévotion : c'est l'amour et l'obéissance à une divinité particulière.

Nous avons dit que le but de l'hindou, c'est de sortir du cycle des vies successives. Lorsqu'il échappe enfin à la chaîne des réincarnations, il atteint ce qu'on appelle le Nirvana. C'est le stade final où l'individu se fond avec l'univers et trouve la félicité éternelle en n'ayant plus d'existence propre. Il entre dans le moi cosmique.


les textes sacrés de l'hindouisme :

Ils ont été écrits sur une période de 2 000 ans (1 400 av.J.C. à 500 ap. J.C.).

les plus anciens textes ont été transmis d'abord oralement ; ce sont les Védas, ce qui signifie « connaissance » ou « sagesse ». Chacun des textes composant les Védas est lui-même formé de 3 parties :
les mantras qui sont des hymnes de louange aux dieux
les Brahmanas qui sont des guides de pratiques rituelles
les Upanishads qui enseignent les vérités religieuses et la doctrine.
le livre le plus sacré des Hindous est la Bhagavad Gita. Ce livre est un dialogue entre Krishna - 8ème Avatar (réincarnation) de Vishnu, et le guerrier Arjuna ; le guerrier demande à Krishna comment il peut tuer des gens de sa famille.
Comme autres livres, on trouve Ramayana, Mahabharta, Puranas...


Source : atoi2voir



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Les religions : le Bouddhisme

Posté le 16.05.2007 par langedeleternel
Bouddhisme : origine, philosophie

À l'origine du bouddhisme,

on trouve un homme : Siddhartha Gautama, né vers 560 av.J.C. dans le Nord Est de l'Inde. À l'époque où il naît, les gens sont désillusionnés par rapport à l'hindouisme. L'idée des réincarnations les terrifie et ils se tournent vers diverses croyances, entre autres l'adoration d'animaux. C'est un terrain tout à fait favorable à l'accueil de la doctrine bouddhiste. Mais avant de parler de la doctrine, voyons de plus près qui est Siddhartha Gautama, appelé plus tard Bouddha .

Selon la légende, il s'agirait d'un fils de roi. Son père le protège de toute peine et le fait vivre dans un cocon de plaisirs, d'oisiveté et de richesses. Il se marie alors qu'il a une 20aine d'années et sa femme donne naissance à un fils. Mais un jour, Siddhartha décide de visiter le monde. Dans sa promenade, il croise un enterrement et pour la 1ère fois, il est confronté à la mort. Il croise aussi un vieillard, puis un malade, et il découvre que tout être vieillit et peut être atteint par la maladie. La réalisation de toutes ces choses est très difficile pour lui. Mais pendant sa promenade, il rencontre aussi un moine qui a un air serein. Alors Siddhartha décide de quitter son palais, sa femme, son enfant, ses richesses, et à son tour, il devient moine.

Ça, c'est la légende. Certains experts du bouddhisme pensent qu'au contraire, Siddhartha a eu une enfance plutôt dure. Il aurait appartenu à la caste des guerriers : les Ksatriya. Et peu après la naissance de son enfant, sans doute à cause d'une grande peine, il aurait décidé de mener une vie de religieux errant, cherchant la libération de la chaîne des existences et des morts successives.

Un jour, en profonde méditation, il a une illumination et il s'appelle alors Bouddha, ce qui signifie "celui qui a reçu la lumière", "celui qui est éveillé". Après cette expérience, il enseigne 5 moines, puis d'autres. Il mourra à l'âge de 80 ans.


Voyons maintenant les principales croyances du Bouddhisme :

Dans le bouddhisme, on considère que le monde n'a pas été créé mais qu'il a évolué. Il fonctionne selon une loi mais pas selon la volonté d'un dieu. Il n'y a pas non plus cette espèce de "soi cosmique" qu'on trouve dans l'hindouisme. On peut noter d'ailleurs que le bouddhisme n'est pas à proprement parler une religion parce qu'il ne s'intéresse pas à la question de Dieu. Certains bouddhistes croient en un ou plusieurs dieux, d'autres n'y croient pas ; et en fait, ça n'a pas d'importance.

La conception du monde qu'a le Bouddha ressemble beaucoup à une prison. Dans l'espace dont on ne peut dire s'il est fini ou infini, sont dispersés d'innombrables univers tous formés sur le même modèle.

En bas, il y a le monde du désir où tous les êtres qui y vivent sont soumis à l'attraction mutuelle des sexes. Il y a aussi des hommes vivant dans une félicité parfaite et une oisiveté totale, sans aucun souci et sans aucune peine. Dans des palais célestes, il y a des dieux du monde du désir. Dans les entrailles de la terre ou dans les intervalles entre les univers, il y a les damnés qui subissent des supplices divers, d'une durée extraordinairement longue. La vie bienheureuse des dieux est elle aussi extrêmement longue, mais dans les 2 cas, elle est de toute façon limitée.
Au-dessus du monde du désir, si haut que les hommes ne peuvent l'apercevoir, se trouve le monde des formes, uniquement habité par des dieux au corps éthéré, plongés dans des méditations sans fin. Par la méditation bouddhique, les moines peuvent espérer renaître parmi ces dieux. Les dieux du monde des formes sont toute pureté et lumière. Ils sont à l'abri de toute souillure et n'ont ni père ni mère (parmi ces dieux se trouve Brahma –cf. l'Hindouisme).
Au-dessus du monde des formes ou en dehors de l'espace est le monde sans forme. Là vivent des dieux dépourvus de corps, purs esprits absorbés dans des états psychiques extrêmement voisins de l'inconscience totale. Ces dieux ont eux aussi une durée de vie extrêmement longue mais limitée.


Telle est la prison dans laquelle les êtres vivent, changeant d'étage à chaque mort, passant de l'une à l'autre des 5 destinées possibles : damnés, revenants affamés, animaux, hommes et dieux.

Bouddha nie énergiquement l'existence d'un élément éternel dans l'homme. Il nie que l'homme soit capable de goûter un jour au bonheur. Chaque être n'est qu'un enchaînement de phénomènes passagers qui se suivent en se conditionnant étroitement les uns les autres. Les pensées, les désirs, les êtres mêmes ne sont rien car tout est vide de sens. Ainsi, l'homme qui meurt et se réincarne en animal par ex. n'est pas entièrement différent de ce qu'il était. Lorsqu'on atteint le salut, qu'on ne se réincarne plus, il ne reste absolument plus rien de nous. La délivrance, c'est l'anéantissement total, que l'on appelle parinirvana.

Le point de départ de la doctrine du Bouddha, c'est que "tout est douleur". La mort mais aussi la naissance sont douleur ; l'union avec ce qu'on déteste est douleur, la séparation d'avec ce qu'on aime est douleur ; ne pas obtenir ce qu'on désire est douleur. Et tant qu'il y a douleur, il y a réincarnation. L'origine de cette douleur, "C'est la soif qui mène à renaître encore, accompagnée de l'attachement au plaisir, trouvant son plaisir ici et là ; c'est la soif du désir, la soif de l'existence, la soif de l'inexistence." (Vinayapitaka, vol.1, p1)


L'existence douloureuse a donc pour cause l'ignorance qui nous trompe sur la nature de ce qu'on perçoit par nos sens, et qui présente les choses comme désirables, et la soif de ces choses qui attache l'être.

Sur cette théorie se greffe la loi de la maturation des actes. Selon cette loi, tout acte bon ou mauvais, fait en connaissance de cause, laisse une trace dans le psychisme. Cette trace amène à plus ou moins brève échéance, souvent dans une vie ultérieure, des événements ou des états favorables ou défavorables. Un acte involontaire ou moralement neutre ne laisse pas de trace. Cette loi de la maturation des actes amène la personne à renaître parce qu'elle doit récolter, en bien ou en mal, ce qu'elle a semé dans une vie antérieure. C'est un système qui rejoint la loi du Karma de l'hindouisme.

Le but visé est donc la cessation de la douleur et par conséquent celle de la soif, de l'ignorance et celle des 3 racines du mal (que sont le désir, la haine et l'erreur). Cette destruction totale de ces choses s'appelle extinction -c'est le Nirvana- c'est lorsque le saint a obtenu la cessation définitive des passions, mais qu'il continue à vivre.

La 2ème étape de délivrance est lorsqu'elle s'accompagne de la mort ultime du saint ; c'est l'extinction complète - Il ne se réincarnera plus. Ça, c'est le Parinirvana.
Voici l'un des passages où le Bouddha parle du Nirvana :
"Il est, ô moines, un domaine où il n'y a ni terre ni eau, ni feu ni vent, ni domaine de l'infinité de l'espace, ni domaine de l'infinité de la conscience, ni domaine du néant, ni domaine sans perception ni absence de perception, ni ce monde-ci ni l'autre monde, ni soleil ni lune; celui-là, ô moines, je l'appelle ni allée ni venue, ni durée ni décès ni renaissance, car il est dépourvu de fondement, de progression et de support : c'est la fin de la douleur." (Udàna, VIII,I)


Jusqu'ici, nous avons vu que le problème, c'est la douleur. Le but, c'est la cessation de la douleur ; la cause, c'est l'ignorance, la soif et la loi de la maturation des actes qui engendrent les réincarnations. Voyons à présent la voie de la cessation de la douleur.

Le laïc qui veut entrer dans la voie de la délivrance doit pratiquer des actes louables (ne pas tuer, mentir, voler…). Ça lui permettra de se réincarner dans une condition où il pourra mener une vie monastique. En effet, pour atteindre le Nirvana, c'est-à-dire le salut, la vie monastique est nécessaire. Le moine doit s'abstenir totalement de toute mauvaise pensée et de toute mauvaise action. Pour obtenir le grand éveil et devenir un Bouddha, il doit aussi méditer. Par la méditation, il élimine progressivement l'activité intellectuelle, puis la vie affective ; il obtient la quiétude et la concentration qui rendront sa vision intérieure plus aiguë et affaibliront peu à peu ses passions.

Ce « vidage » de l'esprit peut continuer plus loin. Le religieux contemple alors longuement l'espace vide infini. Puis il contemple la conscience vide dans son infinité, puis il atteint le domaine du néant où il constate qu'il n'y a rien, puis il demeure dans le domaine où il n'y a plus ni notion ni absence de notion. La vacuité de son esprit est alors presque totale.


Une telle méditation peut le faire renaître en tant que dieu dans l'un des mondes. Là il vivra très longtemps pour finalement atteindre l'extinction totale du Parinirvana.

Les livres sacrés du bouddhisme sont :

les Sutra-pitaka, les Vinaya-pitaka et l'Abhidharma-pitaka. Cet ensemble forme le Tripitaka, littéralement "les 3 corbeilles". L'un est sur la discipline, l'autre sur l'enseignement et l'autre sur les questions métaphysiques. Leur volume fait environ 11 fois celui de la Bible.


Source : atoi2voir

Les religions : Islam

Posté le 15.05.2007 par langedeleternel
Islam: Coran, origine, croyances

Voyons tout d'abord l'origine de cette religion.

Son fondateur s'appelle Muhammad (ou Mohammed, Mahomet, en Français). Il est né vers 570 après J.C. Son père meurt peu avant sa naissance et sa mère meurt alors qu'il est âgé de 6 ans. Il est élevé par un oncle et il grandit à La Mecque (dans l'actuelle Arabie Saoudite). Il devient commerçant, comme beaucoup d'autres dans cette ville. À l'âge de 25 ans, il épouse une riche veuve (Khadidja) qui est âgée, elle, de 40 ans. Après la mort de sa 1ère femme, il en épousera beaucoup d'autres et à sa propre mort, en juin 632, il laissera 9 veuves. Alors que beaucoup d'Arabes dans son entourage sont polythéistes, lui croit en un Dieu unique, à l'instar des communautés chrétienne et juive présentes dans la région et qu'il côtoie. Il se retire souvent dans une grotte pour méditer. Alors qu'il est âgé de 40 ans, il y reçoit une révélation. Il raconte que l'ange Gabriel lui est apparu, lui demandant de lire (ou de réciter) un texte, qui seront les premiers mots du Coran. Muhammad répète ses révélations autour de lui. Certains le croient et forment ses disciples.

Très vite, Muhammad rencontre l'hostilité des Mecquois parce que sa doctrine va à contre-courant des pratiques de cette ville polythéiste. Alors, lui et ses fidèles partent en exil à Médine (à 350 km au sud). En quelques années, par son charisme, il en fera sa ville puis deviendra le chef de toute la région sud de la péninsule arabe. Son but sera de fédérer les tribus arabes et de les amener à reconnaître qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Mais la Mecque lui reste hostile. Il fera donc beaucoup d'expéditions militaires contre elle avant de remporter sa soumission. Muhammad mourra à Médine à 62 ans et y sera enterré.

La propagation de l'Islam par les successeurs de Muhammad se fera dans la lutte armée. La conquête sera foudroyante : en 25 ans, tout le Moyen-Orient sera conquis. Puis ce sera le tour de l'Afrique du Nord et de l'Espagne. Les siècles qui suivent voient l'empire musulman s'établir jusqu'en Asie, en Afrique noire, en Turquie et en Grèce. L'Islam représente plus qu'une simple religion pour les Arabes. Il est considéré comme l'identité même du peuple.


Le livre saint de l'Islam est le Coran.

Le Coran tel que nous le connaissons a été établi par le 3ème calife successeur de Muhammad, qui a recensé les diverses sources orales et écrites qui circulaient parmi les Musulmans. En effet, Muhammad n'a fait que réciter les mots qu'il recevait (Coran signifie récitation) et ses plus proches disciples en ont fait autant. Puis certains ont écrit des fragments sur des morceaux de cuir ou des omoplates de chameau. Le calife fit établir un texte unique et détruire toutes les sources qui ne lui semblaient pas fiables. Le Coran étant considéré comme parole d'Allah, il faut le lire en arabe, dans le style littéraire de l'époque. C'est pourquoi peu de musulmans connaissent le Coran. Il est de plus très difficile à lire, alors même qu'on maîtriserait le style de l'époque. Le Coran ne s'explique pas tout seul et c'est pourquoi la vie des musulmans est aussi régentée, guidée beaucoup par la Sunna.

La Sunna, c'est la Tradition, issue d'autres propos du prophète (les Hadith), du temps où il dirigeait la ville de Médine. Interprétée par les Imams, c'est elle qui réglemente les menus détails de la vie.
(Note :Le musulman reconnaît la Bible comme Parole Sainte et inspirée de Dieu. Sourate 5, v.44-46 : « Nous avons descendu la Thora qui guide et qui éclaire ; c'est par elle que les prophètes rendent la justice aux Juifs... Nous poursuivons sur leurs traces en envoyant Jésus, fils de Marie, confirmant la Thora, venue avant lui.». Jésus est appelé « Parole de Dieu », « Esprit de Dieu ». Le Coran dit qu'il a été rappelé à Dieu et redescendra à la fin des temps).


Voyons à présent les principales croyances de l'Islam.

Allah veut dire « Dieu » en Arabe. Dans la croyance musulmane, Allah est un et il n'y a pas d'autres dieux que lui. Il est le Dieu créateur, tout-puissant et sa volonté est suprême. Il a envoyé les prophètes et donné le Coran. Il sauve ou il égare qui il veut (Sourate 4, 90) ; il est miséricordieux mais sa miséricorde, il la donne à qui il veut. C'est un Dieu qui aime ceux qui l'honorent mais il n'entre pas dans une réciprocité affective avec l'homme.

L'homme a été créé par Allah. Sourate 22, 5 (c'est Allah qui parle) : "O hommes ! Si vous doutez de la résurrection, considérez que nous vous avons créés de poussière, puis d'une goutte de sperme, qui devint un grumeau de sang ; puis d'un morceau de chair tantôt formé tantôt informe...". La notion de péché originel (le mal est présent en chaque homme) est absente de l'Islam.

Le Coran dit que les morts ressusciteront et qu'ils seront jugés (Sourate 56, 57). Celui qui recevra le livre de ses œuvres à la main droite sera admis au paradis ; celui qui recevra son livre à la main gauche sera envoyé en enfer (Sourate 69, 19-37 ; Sourate 84, 7-11). Le paradis est un lieu de plénitude et de plaisirs sensuels (pour les hommes) (Sourate 78, 31-35). L'enfer est un lieu de tourments.

Que faut-il faire pour aller au paradis ? Le Coran dit : "Seriez-vous rétribués autrement que selon vos œuvres ?" (Sourate 27, 91-92). Le salut est donc quelque chose qui se gagne en suivant des règles religieuses strictes. Les exigences sont d'ordre religieux –ce sont les fameux "5 piliers" décrits ci-dessous- et pratique –il faut observer un ensemble de rites dans l'habillement et la nourriture, qui visent à rendre le musulman pur aux yeux d'Allah. Cependant le croyant n'a aucune garantie que ce qu'il fait sera suffisant pour lui assurer d'aller au paradis après sa mort : Allah décidera selon son bon vouloir.

Devenir musulman commence par une profession de foi (appelée shahada) qui se fait devant témoins et où l'on dit : "J'atteste qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Muhammad est son prophète". C'est le 1er pilier de l'Islam. Le mot « Islam » signifie littéralement "Soumission à la volonté d'Allah". Musulman veut dire "soumis" (à la volonté d'Allah).
La prière (Salaat) est le 2ème pilier de l'Islam. Toute personne doit prier en arabe, car c'est la langue du Coran. Elle doit le faire 5 fois par jour, après des ablutions rituelles, en se mettant sur un tapis de prière et en se tournant vers La Mecque. Ces prières sont accompagnées de toute une gestuelle considérée comme très importante (position debout, courbée, mouvements des bras...) et se font à des moments déterminés de la journée. L'introduction à la prière est "Allah est le plus grand", puis on récite la 1ère sourate du Coran, puis on dit une autre prière, récitée elle aussi, et ainsi de suite. Le croyant peut prier seul mais il acquiert plus de mérites en priant en communauté. La prière commune du vendredi midi est obligatoire (sauf empêchement).
L'aumône (Zakaat) est un impôt obligatoire prélevé au début de l'année lunaire. Il est de 2,5 % du revenu.
Il y a ensuite le jeûne du Ramadan (Syam ramadam), pratiqué par les adultes durant tout le 9ème mois lunaire. On ne prend ni boisson ni nourriture (interdiction également de relations sexuelles avec son conjoint, de maquillage, de toucher un chien…) du lever au coucher du soleil. Mais à la tombée de la nuit c'est l'occasion de rencontres festives et de bons repas. Le ramadan est un temps où le musulman doit chercher à plaire à Dieu, par la maîtrise de son corps et de ses pulsions.
Il y a enfin le pèlerinage à La Mecque (Hadj), que tout musulman doit faire obligatoirement au moins une fois dans sa vie (Sourate 22, 28 ; sourate 3, 91 ; sourate 2, 153). C'est là que se trouve la Kaaba, un temple qui contient une pierre noire, déjà vénérée aux temps pré-islamiques.

Les religions : le christianisme

Posté le 13.05.2007 par langedeleternel
Christianisme : origine, conceptions de Dieu, de l'homme...

L'origine :

Le christianisme prend naissance dans le Judaïsme. Au début de notre ère, les Juifs vivaient sous la domination romaine et attendaient la venue d'un Messie (Hébreu : Mashia, Grec : Christos), c'est-à-dire d'un envoyé de Dieu qui libèrerait le peuple et serait son roi. Dans l'Ancien Testament (1ère partie de la Bible) il y a plus de 300 prophéties parlant de ce Messie. Elles parlent de son lieu de naissance, Bethléem (Michée 5: 1), du fait qu'il naîtrait d'une fille vierge (Esaïe 7 :14), du fait que ce serait un enfant qu'on appellerait Dieu (Esaïe 9 :5). Il était annoncé qu'il ferait des miracles (Esaïe 35: 5-6), mais qu'il serait mis à mort (Esaïe 53 :12), crucifié (Psaume 22: 17). Il était également question de sa résurrection (Psaume 16: 10). (voir : Les prophéties annonçant le Messie)

Jésus (en Hébreu : Joshua ou Jéhoshua, qui veut dire « l'Eternel sauve ») est né dans ce contexte d'attente du Messie, en l'an 4 ou 6 avant notre ère (il y a eu une erreur de datation dans notre calendrier). Il est né à Bethléem, d'une fille vierge, Marie. Joseph, fiancé alors à Marie, l'épousera et gardera l'enfant avec lui, malgré la forte condamnation de la société de l'époque sur une femme ayant un enfant sans être mariée.

Vers l'âge de 30 ans, Jésus débute un ministère public et itinérant de prédicateur et d'enseignant, à travers tout le pays d'Israël. Il ne se soucie de lui-même, de se marier, de devenir riche, ou de se faire acclamer ; il dit " ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre" (Evangile de Jean 4:34). Partout où il passe, il annonce que Dieu aime les hommes et qu'il est venu les sauver. Au nom de l'amour de Dieu, il accomplit beaucoup de miracles et de guérisons et ressuscite des morts (faits relatés tant dans les Evangiles que par la littérature extérieure). Il se choisit 12 disciples qui le suivront pendant ses 3 ans de pérégrination (11 d'entre eux seront les apôtres, c'est-à-dire les envoyés de Jésus pour prêcher après sa venue). (voir : Qui est Jésus = historicité de Jésus)

Jésus ne se présente pas à ses contemporains comme étant venu pour libérer Israël du joug romain. Il dit qu'il est Dieu lui-même : "Celui qui m'a vu a vu le Père" (Evangile de Jean 14: 9) ; "Moi et le Père nous sommes un" (Evangile de Jean.10:30). Comme Dieu, il dit être sans péché (Evangile de Jean.8:46), c'est-à-dire sans mal en lui, sans l'ombre d'une mauvaise pensée, sans dire ni faire quoi que ce soit de mal ou de travers. Il annonce à ses disciples qu'il est le Messie venu pour libérer les hommes, mais en mourrant. D'abord, les disciples ne comprennent pas : à leurs yeux, la mort de leur leader est un échec. Jésus leur explique qu'il doit mourir pour le genre humain, afin de prendre sur lui les péchés des hommes, et ainsi leur offrir le pardon de Dieu et la vie éternelle. Il leur annonce aussi qu'il ressuscitera. C'est en ce sens qu'il est le libérateur promis.(voir : Jésus : homme ou Dieu ? ; Dieu peut-il avoir un Fils ? )

Des foules énormes suivent Jésus et viennent pour l'écouter et se faire guérir. Mais les chefs religieux se sentent concurrencés par son aura grandissante. Ils projettent donc de le faire mourir. Une nuit, ils se saisissent de lui et forcent Ponce Pilate, alors gouverneur Romain de la Judée, à le mettre à mort. C'était une veille de Pâques. Jésus est donc crucifié, à Jérusalem, à l'âge de 33 ans, puis mis dans un tombeau.

Cependant, quelques jours après, sa tombe est découverte vide. Jésus est revenu à la vie et côtoie ses disciples pendant 40 jours avant de remonter définitivement au ciel.

Dix jours après, ses disciples reçoivent l'Esprit de Dieu que Jésus leur avait promis. Ils se mettent à répandre la bonne nouvelle (c'est ce que veut dire le mot grec « évangile ») du pardon des péchés en Jésus-Christ, preuve de l'amour de Dieu pour les hommes. Leur prédication connaît un immense succès et en quelques siècles des communautés chrétiennes voient le jour dans tout le monde romain. Cependant, la grande majorité des Juifs reste persuadée que Jésus n'est pas le Messie annoncé, ce qui établit la distinction entre le christianisme et le judaïsme.


Le livre saint du christianisme est la Bible.

Sa rédaction a été réalisée par des auteurs dits inspirés par Dieu, c'est-à-dire recevant de Dieu l'inspiration pour écrire un message de sa part. Elle se compose de l'Ancien Testament (ou ancienne alliance), commun aux Juifs et aux chrétiens et écrit entre –1500 avant J.C à -500 après J.C. et du Nouveau Testament (ou nouvelle alliance), écrit après la venue de Jésus-Christ, entre 40 et 100 de notre ère. Celui-ci raconte l'histoire de Jésus (les évangiles) et des premiers Chrétiens (les actes des apôtres) et contient aussi les lettres des apôtres aux églises (enseignement pour la conduite chrétienne). (voir : Qu'est-ce que la bible ; comment lire la Bible ; La Bible : livre humain ou divin ?)

La doctrine chrétienne :

Le chrétien croit en un Dieu unique, le Dieu des Juifs présenté dans l'ancien testament. Il est créateur de tout ce qui existe. Il est tout-puissant et surtout saint, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de mal en lui. Il jugera les hommes pour leurs pensées et leurs actes, après leur mort. La révélation de Jésus est que Dieu est unique mais pourtant trinitaire (c'est-à-dire 3 personnes en lui-même) : Père, Fils (c'est-à-dire Jésus-Christ) et Saint-Esprit. Jésus-Christ est aussi venu pour manifester plus particulièrement un attribut de Dieu : il est amour. Dieu aime profondément les hommes. Il veut être proche de nous, que nous puissions le connaître, ressentir son amour et l'entendre nous parler. (voir : Dieu existe-t-il ? )

La Bible dit qu'à l'origine "Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme." (Genèse - premier livre de la Bible- ch.1v.27). Initialement, l'homme a donc été créé bon, fait pour aimer et être aimé. Il a été créé pour avoir une relation parfaite avec Dieu, source de l'amour. Mais Jésus est venu révéler que, parce qu'un jour l'homme a choisi de vivre sans Dieu, le mal est entré en lui. Cette capacité à concevoir et à faire le mal, la Bible l'appelle le péché. Ainsi, l'homme, capable du meilleur (créé à l'image de Dieu), est devenu aussi capable du pire (le mal est en chacun de nous) : « C'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les débauches, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l'homme » (Evangile de Matthieu ch.15 v.19).

Le péché entraîne une coupure entre les hommes et Dieu, car Dieu est saint, pur ; il a horreur du mal : "Ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu ; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l'empêchent de vous écouter"(livre du prophète Esaïe ch.59v.2). Cette coupure, si on ne revient pas vers Dieu par le moyen qu'il a prévu pour cela, est définitive : elle entraîne d'abord la mort physique puis la séparation éternelle d'avec Dieu.

Mais Jésus est venu annoncer l'amour de Dieu : parce que Dieu nous aime profondément, il a décidé de nous sauver de cette impasse. Malgré l'offense, Dieu a choisi de proposer le salut à l'homme en prenant sur Lui la conséquence du mal : c'est le pardon. Il est venu se faire homme en Jésus-Christ et il est venu résolument mourir à notre place. Jésus est présenté par le Nouveau Testament comme le sacrifice absolu préfiguré par les sacrifices d'animaux perpétués sous le Judaïsme : "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle" (Evangile de Jean ch.3 v.16).(voir : comment expérimenter l'amour et le pardon de Dieu )
Jésus est ensuite ressuscité, montrant par là qu'il avait effectivement payé pour notre péché et qu'il nous offrait une seconde chance : celle de renoncer au mal. C'est pourquoi, plus encore que son message, c'est la mort et la résurrection de Jésus-Christ qui sont importants dans le Christianisme.

Dans le christianisme, le salut n'est donc pas quelque chose qui se gagne mais c'est quelque chose qui se reçoit, car personne ne peut éradiquer le mal en soi : "C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Il n'est pas le résultat de vos efforts et ainsi personne ne peut se vanter" (épître de l'apôtre Paul aux Ephésiens ch.2 v.8-9). Toutefois, il implique un changement de vie : s'engager à ne plus faire le mal et chercher à manifester l'amour de Dieu à l'exemple de Jésus. Ainsi, il n'y a pas à respecter de rituels ou de tradition qui régentent les gestes quotidiens de la vie, mais plutôt un exemple d'amour à suivre, en demandant à Dieu sa force pour y arriver.

Celui qui croit en ce message, qui met Jésus à la première place dans sa vie (c'est-à-dire qui s'engage dans un changement de vie), entame alors une relation d'intimité avec Dieu. Le dialogue s'instaure : Dieu parle et se fait proche. Le croyant est aussi assuré d'aller au paradis après sa mort. De cela, Dieu le lui garantit : il lui communique une certitude intérieure par son Esprit (épître de l'apôtre Paul aux Romains ch.8 v.14-16).

Ce paradis est décrit comme un lieu où l'on passe l'éternité en harmonie avec les autres et en étant comblé par la présence de Dieu : "Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu."(livre de l'Apocalypse ch.21 v.3-4). A l'inverse, le refus de Jésus entraîne que l'homme reste pécheur, contaminé par le mal et donc qu'après la mort, la séparation d'avec Dieu sera définitive : c'est l'enfer, caractérisé par l'absence total du moindre amour.


Source : atoi2voir

Les religions : le judaïsme

Posté le 12.05.2007 par langedeleternel
Judaïsme: origine, livre saint, croyances

L'origine :

Elle remonte à Abraham. Cet homme qui vivait en Mésopotamie environ 2000 ans avant Jésus-Christ était monothéiste (contrairement à tous les gens de son époque) et il reçut un appel de Dieu (Yahvé) pour partir de son pays idolâtre pour aller ailleurs. Dieu lui promet une descendance nombreuse qui héritera pour toujours d'un pays promis. Cette promesse est confirmée par Dieu à son fils Isaac et au fils de celui-ci, Jacob. Jacob recevra plus tard de Dieu le nom d'Israël, nom qu'il transmettra à sa descendance : le peuple Juif.

Cette promesse est en fait une alliance, d'abord personnelle envers les « patriarches » (les trois ancêtres) puis générale envers tout le peuple : Dieu a choisi ce peuple d'entre tous les autres pour s'allier à lui, le bénir, lui donner un pays et en faire une grande nation, à condition que tous lui obéissent et suivent ses lois. L'alliance envers le peuple est perpétrée par Moïse, lors de la sortie d'Egypte, où les Hébreux étaient en esclavage. Dieu leur donnera Sa loi à accomplir : les dix commandements. Nous sommes aux environs de –1450 avant J.C..

Le pays de Canaan (l'Israël de l'époque) est alors conquis et les Hébreux s'y installent. Le roi David (celui qui vainquit le géant Goliath) fera de la ville de Jérusalem la capitale d'Israël vers l'an 1000 avant J.C et son fils, le roi Salomon, y construira un temple à Yahvé. L'obéissance à Dieu n'est pas seulement valable pour la vie religieuse. Elle concerne et régit toute la vie quotidienne. Être Juif, c'est plus qu'une nationalité : c'est une identité très profonde, marquée dans la chair depuis la naissance (la circoncision), liée à une appartenance au peuple choisi par Dieu, lié à une terre donnée par Dieu.

Les Hébreux occuperont leur pays jusqu'en –686, date à laquelle le roi de Babylone, Nabuchodonosor, en train de conquérir la région, envahit la contrée, pille Jérusalem et rase le temple. Une grande partie de la population juive sera déportée et dispersée dans le Moyen Orient. C'est la diaspora. Une partie du peuple reviendra plusieurs années après et reconstruira ce qu'on appelle le second temple, qui restera en place jusqu'en 70 de notre ère. Mais depuis cette époque, les Hébreux seront assujettis aux différents conquérants occupant ces régions (les Perses, puis les Grecs et les Romains, et enfin les Chrétiens et les Arabes). À cause de la destruction du temple, les pratiques religieuses changent. Des lieux de culte sont créés là où résident les Juifs à travers le monde : les synagogues. Les sacrifices animaux, qui avaient une énorme importance vis-à-vis de Dieu, sont abolis et remplacés par des symboles (le pain et le vin).

Ce n'est qu'en 1948 que les Juifs retrouveront l'autonomie de leur terre et ce n'est qu'en 1967 qu'ils ont pu faire de nouveau de Jérusalem leur capitale. Seul l'esplanade du temple ne leur appartient pas encore, puisqu'elle est la propriété des Arabes, qui y ont bâti un mausolée et une mosquée en 690 et 717 après J.C..


Les croyances des Juifs

La foi juive repose sur la Révélation que Dieu leur a donnée. Le credo juif (confession de foi) commence comme cela : « Israël écoute, l'Eternel est notre Dieu, l'Eternel est Un ». Ce Dieu s'appelle Yahvé, mais on s'adresse à lui en disant : Seigneur, Eternel. Il est créateur de tout l'univers et de tout ce qui vit. Il est tout-puissant, saint (c'est-à-dire sans présence du mal en lui) et juste. Il jugera les hommes à la fin du monde. Mais il est aussi « miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité » (Exode 34 : 6). C'est un Dieu qui voit tout, entend tout, et parle à ses créatures. Il donne son Esprit-Saint aux hommes qu'il choisit pour des missions spéciales, les prophètes et les rois notamment.

L'Israëlite considère que l'homme, créé à l'image de Dieu (Genèse 1:27), est fondamentalement bon. Contrairement au Christianisme, le Judaïsme ne croit pas au « péché originel », l'indépendance de l'homme envers Dieu, qui aurait entraîné la présence du mal en l'homme. Toutefois, le péché existe dans cette religion, mais il est considéré comme étant de nature extérieure à l'homme. L'homme est tenté par lui et il peut y succomber, ce qui l'amène à mal se conduire. La colère de Dieu s'enflamme alors contre le pécheur, qui sera condamné et qui pourra ne pas aller au Paradis (selon la gravité de ses fautes).

Le salut est proposé à l'homme par le moyen de l'obéissance à la loi et (anciennement) grâce aux sacrifices animaux qui lui assurent le pardon de ses péchés. Quatre sacrifices étaient prescrits par la loi, selon le type d'offense commise envers Dieu ou le prochain. Actuellement ils sont remplacés par la lecture de la Thora et diverses pénitences. Si l'on accomplit parfaitement les ordonnances que prescrit la loi, que l'on fasse régulièrement des pénitences pour le pardon de ses péchés et que l'on respecte la pratique des fêtes saintes (7 au total dans l'année), alors le salut est possible. Toutefois le Juif ne peut en avoir l'assurance car Dieu seul est juge.

Le paradis est un lieu de félicité dans la présence de Dieu. Il est réservé aux êtres humains que Dieu trouvera méritants pour cela. A contrario, le méchant ne peut qu'envisager l'enfer : lieu de tourments où il brûlera sans se consumer.


Les textes sacrés Juifs :

La Torah (c'est l'Ancien Testament des Chrétiens) comprend la loi (c'est-à-dire les cinq livres écrits par Moïse, et incluant la loi donnée par Dieu au mont Sinaï), les prophètes et les autres écrits (récits de l'histoire du peuple depuis la sortie d'Egypte jusqu'à l'exil).

Le Talmud est une compilation des traditions relatives à l'observance de la loi. Il comprend le Misdrasch (l'interprétation par les rabbins de la loi au niveau pratique) et la Haggada (interprétation de la loi au niveau historique). C'est lui qui réglemente les moindres faits et gestes de la vie courante (chose à faire, à manger ou à porter pour être un Juif pieux). Si l'Ancien Testament a été rédigé entre –1500 et –400 avant J.C., la composition finale du Talmud a été faite au IVème siècle après J.C.. Les deux textes sont considérés comme inspirés par Dieu pour leur rédaction, même si la Torah est plus « sacrée » que le Talmud.



Source : atoi2voir

Comparatif des 5 grandes religions

Posté le 10.05.2007 par langedeleternel
Tableau comparatif de 5 grandes religions (dont les monothéistes)

L’Hindouisme, le Bouddhisme, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam : ces 5 religions sont très anciennes et pourtant très mal connues.
Découvrez leur conceptions de l'homme, de Dieu, de l'éternité...


Ci-dessous, voici résumées les croyances principales des différentes religions.
(nous précisons tout de suite que dans chacune des religions, il y a beaucoup de variantes. Ce dont nous parlons dans ces exposés, c'est ce dont il est question dans les textes de référence de chacune d'elles).


FONDATEURS

Hindouisme : aucune personne en particulier

Bouddhisme : un homme ayant pensé = Siddhartha Gautama, appelé Bouddha

Islam : un homme ayant eu une révélation = Muhammad

Christianisme : un homme qui disait être Dieu = Jésus-Christ

Judaïsme : des hommes ayant eu des révélations = les patriarches (Abraham, Isaac, Jacob) et Moïse

CONCEPTION DE DIEU

Hindouisme : le "Soi cosmique", le grand tout, impersonnel : ce n'est pas un dieu à proprement parler ; s'y ajoutent une multitude de divinités.

Bouddhisme : Notion non recherchée. Il existe des dieux, ayant une durée de vie et une connaissance limitées.

Islam : Allah, Dieu unique et tout-puissant, bien au-delà de sa création, qui récompense ses fidèles mais n'entre pas dans une relation avec eux.

Christianisme : Yahvé, Dieu unique, tout-puissant et saint (c'est-à-dire sans mal). Il jugera les hommes mais il est amour : il s'implique dans la vie de l'être humain et l'appelle à une relation d'intimité et de dialogue avec Lui.

Judaïsme : Yahvé, Dieu unique, tout-puissant et saint. Il récompense les justes et punit les méchants, mais il est miséricordieux et compatissant.

CONCEPTION DU MONDE

Hindouisme : Univers créé par Brahman.

Bouddhisme : Univers qui n'a pas été créé mais qui a évolué.

Islam : Univers créé par Allah.

Christianisme : Univers créé par Yahvé.

Judaïsme : Univers créé par Yahvé.

CONCEPTION DE L'HOMME

Hindouisme : Etre sans valeur particulière mais faisant partie du grand tout. Il est appelé à perdre toute notion d'identité pour se fondre dans le "soi cosmique".

Bouddhisme : Etre qui n'a pas d'élément éternel en lui-même et qui est appelé à l'anéantissement total, à la non-existence.

Islam : Créature d'Allah, appelée à la soumission totale à Allah, vouée soit à l'enfer, soit au paradis (selon le bon vouloir d'Allah).

Christianisme : Créature à l'image de Dieu (bon) mais affectée par le mal (péché). Destiné initialement à vivre en harmonie avec Dieu et les autres (paradis), mais voué à l'enfer (séparation éternelle d'avec Dieu) à cause du péché. Appelé à retrouver une communion intime avec Dieu en plaçant sa foi en Jésus-Christ et en recevant ainsi le pardon de ses péchés.

Judaïsme : Créature à l'image de Dieu (bon) mais tentée par le mal (péché). Selon ses actes (obéissance ou désobéissance à la loi= commandements), il ira soit au paradis, soit en enfer.

CONCEPTION DU PARADIS

Hindouisme : Le Nirvana, félicité éternelle où l'individu n'existe plus mais s'est fondu dans le "soi cosmique".

Bouddhisme : Le Parinirvana ("extinction complète"), état d'anéantissement total, de non-existence, où l'homme ne ressent plus aucun désir.

Islam : Le Paradis, lieu de plaisirs.

Christianisme : Le Paradis, lieu où l'on est en communion parfaite avec Dieu et avec les autres et où aucune souffrance ne vient nous troubler.

Judaïsme : Le Paradis, lieu où aucune souffrance ne vient nous troubler.

CONCEPTION DU SALUT

Hindouisme : Espéré : en accomplissant assez de bons Karmas pour ne plus se réincarner et se fondre enfin dans le « soi cosmique ».

Bouddhisme : Espéré : par la méditation, en éteignant tout désir (y compris le désir de vivre ou de ne pas vivre), en éteignant l'ignorance concernant la nature de l'homme et en éteignant les 3 racines du mal (désir, haine, erreur).

Islam : Espéré : par les œuvres (respect des 5 piliers de l'Islam : profession de foi, prière, aumône, Ramadan, pèlerinage à La Mecque). Mais c'est Allah qui décidera qui seront les sauvés, selon son bon vouloir.

Christianisme : Obtenu : en mettant Jésus-Christ au centre de sa vie (en acceptant que Jésus ait pris sur lui la conséquence du mal en nous et en désirant changer de vie pour manifester l'amour de Dieu).

Judaïsme : Espéré : par les œuvres (accomplissement parfait de la loi = 10 commandements + tradition).


Source : atoi2voir

L'homme a t'il inventé Dieu ?

Posté le 09.05.2007 par langedeleternel
L’homme a-t-il inventé Dieu ou est-ce l'inverse ?

Qui ne s’est pas déjà posé cette question ? Avez-vous trouvé une réponse fondée, non basée sur de simples opinions ? Cet article explore les pistes anthropologiques et étudie les religions...

"Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer... et comme c'est justement le cas, l'homme s'en est chargé !". Quiconque lance une telle boutade est presque certain de faire son petit effet : on jugera son discernement éclairé et affranchi de toute naïveté, son humour subtil et son raisonnement libre.

Mais sérieusement, de la réponse que l'on donne à un tel questionnement dépend bien souvent la décision des uns de se libérer du scepticisme ambiant en s'ouvrant à la foi, et celle des autres de se retrancher derrière un athéisme intraitable.

Comment savoir ? Une piste intéressante consiste à voir si Dieu (ou les dieux) des différentes religions ressemble(nt) vraiment ou non à l'homme. On pourra alors espérer distinguer les constructions purement humaines et culturelles, d'une foi véritablement transcendante parce qu'universelle.


A la recherche de Dieu (ou du non-Dieu)...

La thèse de l'origine strictement humaine du concept divin s'est principalement diffusée au XIXème siècle. Parmi ses défenseurs figure l'anthropologue Edward B.Tylor, lequel s'est rendu célèbre par sa vision essentiellement évolutive des sociétés, y compris à propos de leurs systèmes religieux (1). Selon lui, la religion en général, loin d'avoir des causes surnaturelles, aurait eu des origines évolutives naturelles, l'homme s'étant, à chaque degré historique de la progression des civilisations, forgé des croyances calquées sur la structure sociale de l'époque, et visant à légitimer celle-ci. À commencer par le cerveau de quelque sauvage des temps anciens, lequel, ne disposant pas des lumières scientifiques pour expliquer les phénomènes physiques, aurait imaginé l'animisme, consistant à croire qu'une divinité se cache derrière chaque élément naturel. Après quoi l'homme, s'étant choisi des chefs et des rois, aurait transposé cette structure hiérarchique dans l'univers religieux, d'où par exemple le Panthéon des dieux gréco-romains, avec Zeus-Jupiter à leur tête. Et lorsque la monarchie est devenue absolue, l'humanité n'aurait plus toléré qu'un Dieu unique omnipotent. La noblesse aurait, avec la complicité du clergé, invoqué l'existence d'un ordre semblable dans les Cieux, régentés par un Dieu omnipotent. D'où le nécessaire reflet de cette prétendue réalité spirituelle sur le monde terrestre et sur son système hiérarchique. Et voilà comment l'autocratisme de Louis XIV aurait été baptisé "de droit divin".

Edward Tylor voulait ainsi prouver que le principe monothéiste ne pouvait exister que dans les civilisations les plus évoluées, et non pas parmi les peuples primitifs. Pour cela, il envoya aux quatre coins du monde des phalanges de jeunes anthropologues, de manière à illustrer ses thèses. Ceux-ci rapportèrent que les peuplades tribales ne se préoccuperaient que des formes religieuses les plus simplistes (les mânes des ancêtres, la sorcellerie et autre chamanisme, les tabous et l'animisme le plus basique) mais relevèrent également un phénomène assez inattendu, pour ne pas dire troublant.

Ils découvrirent qu'à côté de ces formes religieuses 90% des croyances tribales étaient fortement imprégnées de croyances en un Dieu unique, créateur de la terre et du ciel, invariablement bon, et impossible à représenter par une quelconque idole (2). Bref, un constat aux antipodes de celui espéré par Tylor, Huxley, Spencer et consorts. Ce fut d'ailleurs pour ne pas embarrasser ces derniers que leurs disciples très disciplinés minimisèrent ces résultats plutôt gênants, sinon les supprimèrent carrément... Cet édifiant exemple de rigueur intellectuelle et de bonne foi scientifique fut rapporté par le docteur Wilhelm Schmidt en 1934 (3). Schmidt relate comment tous les anthropologues préférèrent aveugler le public plutôt que de troubler leurs grands prêtres. Tous, sauf un : Andrew Lang fut le seul à dénoncer publiquement la suppression de ces pièces à conviction.

Etant donné que la croyance en un Dieu unique, créateur et bon, constitue un point commun à quasiment tous les peuples non atteints par les grandes religions, il va de soi qu'on ne peut l'attribuer à l'imagination spécifique de telle ou telle ethnie. D'où provient alors cette présupposition monothéiste universelle, et quelle signification lui attribuer ?

"Nous n'en savons rien", répondent aujourd'hui les scientifiques les plus honnêtes. Pourtant, l'hypothèse la plus vraisemblable n'est-elle pas celle-ci : c'est qu'il y a en l'homme une prescience ineffaçable de la réalité d'un Être Suprême, auteur de toutes choses. Cette conscience de l'existence de Dieu ne pourrait provenir, à en juger par sa permanence dans les peuplades les plus proches de l'âge de pierre, que de temps aussi anciens que la fondation même de l'humanité...

On remarquera en outre que le fait de ne pouvoir représenter le Créateur, tel qu'il ressort dans l'étrange unanimité des traditions tribales évoquées plus haut, rejoint tout à fait la conception du Dieu unique de la Bible... Dès 1500 avant J.C., l'Ancien Testament exclut clairement la possibilité d'attribuer à Celui qui nous transcende un aspect concret, non seulement en commandant aux Israélites de ne faire aucune représentation de la divinité (c'est l'un des dix commandements), mais aussi en n'indiquant la présence de l'Eternel que sous des apparences variables et relativement abstraites (feu dans un buisson pour Moïse ; murmure doux et léger pour Elie...).


Posons-nous maintenant la question des caractéristiques des croyances et des caractéristiques de Dieu, pour voir s'il y a adéquation...

Caractéristiques des croyances et caractéristiques de Dieu

Si Dieu est Dieu, cela signifie qu'il n'est pas soumis aux limitations auxquelles sont assujettis les êtres dotés d'un corps physique, contrairement à ce que prétendent certaines sectes dérivées du christianisme, par exemple celle des Mormons, pour qui Dieu aurait "un corps en chair et en os aussi tangible que celui des hommes"(4). On peut difficilement aller plus loin dans l'anthropomorphisme divin...

L'absence de limite dans le temps paraît être la première des caractéristiques que devrait avoir une divinité digne de ce nom.

Certaines religions orientales ont tenté de faire croire à l'éternité de la matière. La Bible s'inscrit en faux contre de telles conceptions, confirmant avant même qu'elles n'existent les théories des astronomes à propos d'un début de l'univers et concernant la mort inéluctable des étoiles. Au sujet de Dieu, la Bible est claire : "Avant que les montagnes soient nées et que tu aies donné un commencement à la terre et au monde, d'éternité en éternité tu es Dieu", (Psaume 90, v.2). À Moïse qui lui demandait Son Nom, Dieu a répondu : "Je suis", tout simplement, c'est-à-dire "J'existe, d'âge en âge, et avant même que tout autre être n'ait été appelé à l'existence". L'éternité fait partie intégrante de l'identité du Divin. On sent qu'il y a là quelque chose qui défie toute imagination humaine, imagination visible dans les mythes hindouistes ou amérindiens où l'on voit nombre de divinités naître à l'instar des humains.

L'intemporalité n'est pas le seul attribut divin qui vaille d'être examiné pour éclairer la problématique qui nous occupe. Il y a aussi l'omniprésence.

On trouve une variante de cette idée dans diverses religions du monde, mais, selon certaines, l'univers contiendrait la divinité, la deuxième se résumant donc au premier. On appelle cette conception le panthéisme. Dieu serait en toute chose, mais pas plus. Et de là à affirmer que "toute chose est Dieu", il n'y a qu'un pas que n'ont pas hésité à franchir certains courants religieux, tels la secte de la scientologie, ou bien encore l'hindouisme. Les 330 millions de divinités hindoues en sont un exemple frappant. Mais confondre la création avec le Créateur, c'est ouvrir la porte à toutes les idolâtries et si l'on n'admet pas l'existence d'un Dieu extérieur au monde et supérieur à lui, c'est finalement comme s'il n'y avait point de Dieu. Voilà pourquoi le philosophe allemand Schopenhauer disait que le panthéisme n'était en fait qu'un athéisme courtois...

La Bible dit que Dieu est omniprésent, agissant au sein de l'univers, mais elle n'en proclame pas moins qu'il est tout aussi transcendant, autrement dit indépendant du monde visible : "Les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent contenir le Seigneur" (1er livre des Rois, chap.8, v.27). Une telle conception dépasse l'homme et sa capacité d'imagination : n'est-ce pas un élément en faveur d'une révélation d'en haut plutôt que d'une invention ?

Hélas, bien souvent, lorsque l'entendement humain se sent débordé, il cherche à compacter ce qui lui parait trop grand de manière à espérer le contenir, même si le prix à payer est la dénaturation complète ou partielle de l'objet de ses réflexions. Ce faisant, il incinère l'Être Suprême de façon à pouvoir au moins en conserver quelques cendres dans le petit pot de sa conscience. C'est mort, mais du moment que cela paraît philosophiquement séduisant, c'est bon à prendre... Ainsi donc, l'omniprésence de Dieu s'est trouvée réduite au panthéisme et sa transcendance au déisme.

Le déisme prétend en effet que la création n'aurait plus aucun lien avec son Créateur, lequel, après avoir donné la chiquenaude initiale au monde, l'aurait laissé aller sans plus s'occuper de lui, un peu comme un horloger remonte son horloge en la laissant ensuite fonctionner sans la moindre intervention de sa part.

L'horloge et l'horloger... Les connaisseurs auront certainement reconnu l'expression de Voltaire, grand prêtre du déisme. Mais le déisme, sous couvert de reconnaître Dieu, n'est en réalité qu'une autre façon de nier son existence. En effet, si l'on pense que Dieu est totalement absent du monde actuel, on n'est en pratique pas plus avancé qu'un athée qui, n'espérant aucune intervention surnaturelle, en est réduit à chercher des substituts à droite ou à gauche.

On peut penser d'abord aux substituts africains ou asiatiques où le déisme dégénère généralement en polythéisme teinté de spiritisme : on invoque les ancêtres et autres esprits, souvent parce que les légendes traditionnelles ont véhiculé l'image d'un Dieu inaccessible, mécontent des hommes, retiré en ses appartements célestes.

En Occident, le déisme des Lumières a imposé au citoyen la raison humaine comme substitut et guide suprême en matière de conviction : c'est le rationalisme. Ce qui nous a même valu en France d'avoir droit à l'érection d'une statue de la déesse raison lors de la révolution de 1789 ! Talleyrand déplorait cette idéologie, et s'adressait ainsi au Directoire : "Votre culte de la Raison ne fait pas de progrès parmi le peuple, me dites-vous, et cela vous chagrine ? Je vais vous indiquer le moyen de réussir : Faites des miracles, ressuscitez les morts, guérissez les malades, chassez les démons ; puis soyez enseveli, ressuscitez le troisième jour, et continuez à faire des miracles. Vous convaincrez mieux les hommes de la vérité de votre religion...".

Par la bouche de ses prophètes, Dieu déplore aussi dans la Bible ces milliers de cas à travers l'histoire où l'homme, tenaillé par un féroce appétit d'indépendance, a finalement préféré s'inventer de médiocres substituts. Elle regrette que le refus humain de se reconnaître créé par le Tout-Puissant dégénère si souvent en une création factice de dieux (aujourd'hui ce sont nos passions, des stars, notre confort...), ou en une divinisation non-dite de l'homme. La religiosité et les superstitions ne sont qu'une inversion et une falsification de la Foi.


La vraie question : spiritualité nourrissante ou non ?

Posons-nous la question : nos croyances réussissent-elles à étancher notre soif spirituelle ? Oh, certes, lorsqu'on est en société, on joue le jeu. On s'exprime ainsi : "Le mal et la souffrance dans le monde sont la preuve que Dieu n'existe pas ou s'il existe, qu'il ne s'intéresse pas à nous".

Seulement voilà, dans le secret de nos vies privées, vers qui nous tournons-nous ? Pourquoi les citoyens "raisonnables" que nous sommes se retrouvent-ils dans le cabinet des astrologues, dans des cercles de partage bouddhistes ou ésotériques ? L'homme moderne ressemble décidément beaucoup à l'homme antique...

Tout simplement du fait d'une constante inaliénable chez lui : sa dimension spirituelle. Chateaubriand l'avait bien vu : "Ce qu'il y aura d'étonnant, [pour les philosophes], c'est qu'au milieu des maux qu'ils auront causés, ils n'auront même pas la satisfaction de voir le peuple plus incrédule : [car celui-ci], en affectant de mépriser la puissance divine, ira interroger la bohémienne, ou chercher ses destinées dans les bigarrures d'une carte. Il faut du merveilleux, un avenir, des espérances à l'homme, parce qu'il se sent fait pour l'immortalité. Les conjurations, la nécromancie, ne sont chez le peuple que l'instinct [de la spiritualité], et une des preuves les plus frappantes de la nécessité d'un culte. On est bien prêt de tout croire quand on ne croit rien ; on a des devins quand on n'a plus de prophètes, des sortilèges quand on renonce aux cérémonies religieuses, et l'on ouvre les antres des sorciers quand on ferme les temples du Seigneur !"(5)

Pour finir, contrairement au déisme, la Bible atteste que Dieu, créateur du monde, continue à s'occuper de lui : "si Dieu ne pensait qu'à lui-même, s'il ramenait à lui Son Esprit et Son souffle, toute chair périrait en même temps" (livre de Job, chap.34, v.14-15).

Mieux, même : Elle révèle qu'il est venu jusqu'à l'homme sous la forme du Christ. Dieu nous aime et cela l'a poussé à venir dans notre monde de misère et de méchanceté. Il a vécu comme un homme parmi les hommes, connaissant la pauvreté et la souffrance, la faim et la soif, la trahison et l'injustice, la torture et l'angoisse, le désespoir et la mort enfin. Dieu a passé par le pire chemin où l'on puisse passer.

Et non seulement il a partagé la souffrance humaine, mais encore et surtout il a pris sur lui tous les préjudices commis par chacun de nous au cours de notre vie terrestre, s'attaquant ainsi au problème du mal qui est à l'origine de la souffrance. Enfin, par sa résurrection, il donne une espérance réelle à tous ceux qui l'acceptent dans leurs cœurs. Dieu a beau être partout, dans l'univers comme hors de lui, il ne demeure pas partout : seulement chez les hommes et les femmes qui désirent avoir une relation personnelle avec lui et acceptent son intervention providentielle dans leur vie. "Dieu habite là où on le laisse entrer", disait fort justement le philosophe Martin Buber.

Toutes les religions mènent elles à Dieu ?

Posté le 08.05.2007 par langedeleternel
Toutes les religions mènent-elles à Dieu ?


S'il y a un Dieu, pourquoi y a-t-il plusieurs religions ? Mènent-elles toutes à Dieu, d'une manière ou d'une autre ? Présentent-elles toutes un bout de message venant de Dieu ?


La religion : qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ?

Une religion est, comme l'étymologie du mot l'indique (latin : religare –relier), une tentative de nouer contact avec la ou les divinités supposées gouverner
le monde. Car dans l'élan religieux, l'homme a conscience de sa vraie place dans le monde : celle d'une créature parmi d'autres, bien faible, bien limitée, bien dépendante finalement des éléments nécessaires à sa survie. Quoi qu'en disent les athées modernes, pour qui il n'y a de "dieu" que l'homme, pour beaucoup la recherche religieuse part d'un sentiment noble, humble, ainsi que d'une quête de la Vérité.

Mais, si elle procède d'une foi –ou tout au moins d'une croyance- une religion se définit aussi par ses pratiques individuelles et collectives. Ces pratiques sont très diverses, parfois même complexes. Elles sont inséparables de la foi et nécessaires. Pourquoi ? Parce qu'elles traduisent l'appartenance à cette foi, au groupe qui y adhère, et parce que ce sont elles qui sont justement censées rapprocher l'homme de Dieu.


On touche là le coeur du problème : "pourquoi plusieurs religions ?".

Si l'on prend un peu de recul par rapport à la pratique proprement dite des rites et si l'on essaye d'en dégager les motivations profondes, l'on peut voir en réalité que, d'une pluralité de systèmes apparemment sans rapport les uns avec les autres (et même parfois opposés), un même souci se dégage : le désir de plaire à Dieu. L'homme sent qu'il doit faire certaines choses pour plaire à Dieu, attirer ses bonnes grâces non seulement pour son temps sur la terre, mais aussi pour avoir des chances de gagner le paradis.

Dans beaucoup de religions, le paradis est présenté comme le lieu où tout souci est écarté et surtout où l'homme n'aura plus à craindre la mort ni le châtiment de Dieu. Car au fond de lui l'homme ressent en effet une sorte de culpabilité vis-à-vis de la divinité, une sorte de vulnérabilité dépendante : de Dieu, de son bon plaisir ou de son courroux, dépendent l'abondance de biens (et donc une vie jugée agréable) ou le désastre. Lorsque quelque chose ne va pas dans sa vie, l'homme s'interroge sur sa culpabilité devant le Divin : il se demande si l'épreuve qu'il traverse n'est pas due à une sanction de sa part. Son passage au paradis lui semble également conditionné de la même manière.

Ces motivations, sincères et compréhensibles, sont toutes communes aux religions. Comment donc la recherche d'une même chose peut-elle se décliner en autant de cultes différents ?


Religions et relation

Une question essentielle que l'on doit se poser en abordant une religion est : « cette religion peut-elle réellement me mettre en lien avec Dieu? ». C'est ce qu'une religion est supposée faire.

Un examen réaliste nous amène cependant à ce constat, dur mais vrai : aucune ne peut répondre affirmativement à cette question. Cela s'explique fort bien ; les religions ne sont pas à blâmer en cela. Qu'on y réfléchisse un peu : qu'est-ce que l'homme et qu'est-ce que Dieu ? Si Dieu est Dieu, alors il est un être qui a une intelligence qui nous dépasse et qui peut absolument tout (songeons au fait qu'il a créé l'univers). Il sait tout ce qui se passe et voit tout en même temps, partout dans le monde, entend tout et connaît même nos pensées les plus secrètes. Il fait, de plus, tout ce qu'il veut car aucune volonté ne saurait aller contre sa décision.

Comment l'homme peut-il alors prétendre à communiquer avec cet Etre si supérieur à lui, l'entendre, le connaître, infléchir sa volonté ? Une structure à deux dimensions peut-elle avoir ne serait-ce qu'une idée de ce que représente la troisième dimension ? La fourmi peut-elle avoir une idée de ce qu'est l'être humain et parler avec lui ? À bien plus forte raison, ne pouvons-nous pas prétendre à être en relation avec Dieu.

Les religions, quelles qu'elles soient, ne peuvent offrir à l'homme ce à quoi pourtant l'être humain aspire au plus profond de lui. Quelle pratique, quelle magie pourrait garantir une chose aussi impossible à l'homme qu'une relation intime avec cette intelligence infinie ? Or souvent, nous constatons que les pratiques religieuses consistent en ablutions ou jeûnes visant à se purifier, en habits à mettre pour plaire à Dieu, en aliments à manger pour rester dans sa volonté... Toutes ces exigences sont purement corporelles. Seule la prière pourrait –éventuellement- ouvrir la communication avec Dieu. Mais ne sont-elles pas le plus souvent des monologues ? Pour atteindre le Divin, l'humain devrait se faire divin. Et ça, c'est de la science-fiction.

Chaque civilisation a développé son propre système de croyances pour satisfaire à l'exigence de spirituel de l'homme. Les pratiques religieuses sont nécessaires, mais malheureusement, beaucoup de ces rites viennent de l'homme. Ainsi, les religions sont variées parce que les hommes sont divers.


Une relation avec Dieu quand même possible ?

Il n'y aurait de certitude pour l'homme à suivre des principes spirituels que s'ils émanaient miraculeusement de Dieu lui-même, par quelque initiative heureuse de sa part.

Or c'est justement ce que Jésus-Christ est venu dire et faire. Lui seul, dans toute l'histoire de l'humanité, a dit être l'émanation de Dieu sur terre, sa représentation visible et accessible par les hommes : "moi et le Père, nous sommes un"(1).

Jésus n'est pas venu fonder une nouvelle religion. D'emblée il a établi clairement la différence. À la question des chefs spirituels : "que devons-nous faire pour accomplir les oeuvres de Dieu ?" Jésus répond simplement : "l'oeuvre de Dieu c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé"(2).

Jésus affirme ainsi que chercher à faire des choses pour gagner l'intérêt de Dieu est caractéristique d'une religion qui vient des hommes. Au contraire, le Christ dit que c'est Dieu lui-même qui vient à la rencontre des hommes, qui se révèle et se fait connaître à eux. Il propose une vraie relation, vivante et réciproque avec Dieu :

"Moi je suis venu afin que les brebis (c'est-à-dire les hommes, dans le contexte) aient la vie et qu'elles l'aient en abondance... Je leur donne la vie éternelle et elles ne périront jamais"(3) "or la vie éternelle, c'est qu'il te connaisse toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ" "(4). La voie que propose le Christ est sûre car il est Dieu lui-même, l'Infini venu rencontrer le limité : "Je suis le chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi" ; "celui qui m'a vu a vu le Père"(5).

Les paroles du Christ ne veulent pas dire pour autant que l'homme peut tout se permettre, pourvu qu'il croie en Lui. Au contraire. Jésus s'est présenté radicalement comme différent dans ses exigences de ce que les religieux imposaient au peuple. Ces derniers avaient établi quantité de préceptes régissant la vie quotidienne : nourriture à manger ou à éviter, rituels pour les cérémonies, habillement à mettre, place respective des hommes et des femmes dans la société... Mais le mal n'était pas une question abordée dans leurs pratiques. La pureté était surtout vue comme un ensemble de choses à faire concernant le comportement extérieur.

Jésus les reprend sévèrement : "pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu (c'est-à-dire les 10 commandements) au profit de votre tradition ?" "vous paraissez justes aux hommes, mais au-dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité". Le Christ continue en posant les termes d'une vraie religion avec Dieu : la vraie pratique de la relation avec Dieu est de faire le bien et d'éviter de faire le mal. Car Dieu est pur, c'est à dire qu'il est sans mal et qu'il ne supporte pas le mal. La relation avec Lui n'est donc envisageable que si l'on accepte de se faire changer par lui. C'est en cela que réside la véritable pureté : "Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme, mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme"(6) "Car c'est du coeur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les débauches, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie"(7).

"Dieu est amour" dit la Bible et c'est par amour pour les autres qu'il nous invite à rechercher le bien. Le paradis ne se "gagne" pas en faisant telle ou telle chose. Une telle idée révèle que l'homme en est l'auteur car il en est le centre. Le paradis se reçoit comme un cadeau, pour celui qui s'engage à demander à Dieu, au travers d'une relation avec Jésus, les forces et le discernement pour faire le bien et aimer les autres. Jésus n'a jamais voulu que le christianisme soit vécu comme une religion faite par les hommes (c'est-à-dire seulement un ensemble de rites et de coutumes dénués de profondeur). Jésus nous invite à une relation vivante et réciproque avec Dieu, afin que de cette relation découle un amour toujours plus grand pour notre prochain.


Source : atoi2voir


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